Troisième album, et pas une ride. Le quintet bruxellois, emmené par Étienne Donnet (chant guitare), Florian Donnet (basse, voix), Thomas Moutier (batterie), Alexandre Waeyenbergh (guitare) et Bastien Fourmy (percussions, voix), peaufine un son indie-rock en clair-obscur, hanté par une douce mélancolie. Avec ce nouveau projet, une certitude : Sunday Charmers ne joue plus dans la cour des rookies.
Grandblue, leur nouvel opus, oscille entre éclats lumineux et spleen tenace, porté par des guitares acérées et des rythmiques dansantes. Une mécanique bien huilée qui trouve son apogée sur Blisters. L’album est portée par des morceaux comme Talisman, Nosebleed ou Momentary Bliss, où l’émotion brute se pose sur une production ciselée.
Avant d’enchaîner une série de concerts en France et en Belgique, et surtout un passage attendu au Dour Festival, Étienne Donnet, leader du groupe, se livre sur les coulisses du projet et l’excitation des lives à venir qui promet d’envoyer du lourd.

Une belle nouvelle pour le groupe : vous jouerez au Dour Festival cette année. Comment accueillez-vous cette annonce ?
C’est une énorme satisfaction ! Dour, c’est l’un des festivals majeurs en Belgique, un rendez-vous mythique pour les artistes et le public. On est ravis d’avoir l’opportunité d’y défendre notre musique. On veut en faire un moment fort, un show intense où l’on pourra vraiment s’éclater. L’excitation l’emporte largement sur le stress.
Avez-vous déjà une idée de ce que vous aimeriez proposer sur scène ?
J’aime bien descendre dans le public, aller à la rencontre des gens, créer un échange direct. Mais pour cette occasion, on veut aller encore plus loin, proposer quelque chose de spécial, un set un peu plus ambitieux, un peu plus spectaculaire. Une chose est sûre : on compte bien tout donner et se déchaîner sur scène.
Y a-t-il un morceau de cet album que vous attendez particulièrement de jouer en live ?
Oui, Rêve, l’un des deux titres en français. C’est sans doute l’un des morceaux les plus intenses de l’album en termes d’énergie. Déjà en répétition, on prend un immense plaisir à le jouer. En live, ça promet d’être encore plus fort, et j’espère que le public embarquera avec nous dans cette intensité.
« On assume pleinement notre part de mélancolie”
La mélancolie est un thème central de cet album, une direction que vous aviez déjà amorcée sur le précédent disque. Pourquoi avoir poursuivi dans cette voie ?
C’est une thématique qui me touche profondément, qui fait partie de moi. J’aime voir nos albums comme des chapitres qui se suivent : le premier était plus candide, plus solaire, presque funky. Le deuxième se divisait en deux parties, une plus sombre, l’autre plus douce. Avec Grandblue, on assume pleinement cette part d’ombre, cette mélancolie qui était déjà là mais qui prend ici davantage de place. Musicalement, on a voulu explorer des terrains nouveaux, mais sur le plan émotionnel, l’album fonctionne comme des montagnes russes, alternant explosions d’énergie et instants plus apaisés.
Qu’est-ce qui vous attire autant dans la mélancolie ?
C’est difficile à dire. Je pense qu’on est tous façonnés par notre vécu, par les épreuves qu’on traverse. La mélancolie, c’est un peu le résidu de tout ça, une sensibilité accrue qui refait surface à certains moments. Mais elle n’est pas uniquement synonyme de tristesse, elle peut être belle et même apaisante. Autrefois, on parlait de mélancolie pour désigner un état pathologique, mais je la vois plutôt comme un regard particulier sur le monde, une façon de ressentir les choses à fleur de peau, avec une certaine nostalgie. C’est aussi ce qui se reflète dans le titre de l’album, Grandblue, et dans son esthétique.

En termes de sonorité, j’ai remarqué que sur cet album, la guitare est plus présente dans les aigus, ce qui tranche avec le précédent disque. Est-ce un choix lié à la mélancolie que vous explorez ?
Oui, en partie. Pour cet album, j’ai beaucoup expérimenté avec les sons de guitare, notamment en testant de nouvelles pédales. L’enregistrement live a aussi joué un rôle : ça donne un rendu plus brut, moins poli, avec ces petites imperfections qui rendent le tout plus organique. Comme les guitares et les claviers occupent des plages plus aiguës, le son a naturellement évolué vers quelque chose de plus incisif. Cette approche colle bien avec la thématique du disque, qui traduit des effusions d’émotions, une forme de spontanéité brute.
Vous citez The Cure parmi vos influences pour cet album. Un disque en particulier vous a inspiré ?
Difficile d’en choisir un en particulier, mais forcément, leurs albums les plus emblématiques ont joué un rôle. Ceci dit, j’ai personnellement plus écouté Joy Division, mais toute cette période post-punk et cold wave nous a influencés. On a voulu injecter certaines sonorités de cette époque, tout en gardant notre propre identité.
Vous dites que cet album a été davantage un travail de groupe qu’auparavant. Comment s’est déroulée cette nouvelle façon de travailler ?
Il y a toujours eu une dimension collective dans notre manière de travailler, chacun apportant sa touche. Mais cette fois, je voulais que tout le monde soit encore plus impliqué, que chacun ressente une vraie part de responsabilité dans le projet. Que chaque membre du groupe ait le sentiment d’être une pièce essentielle du puzzle.
Votre premier album est classé « pop », le second « alternative ». Comment qualifieriez-vous ce troisième opus ?
C’est toujours délicat de mettre une étiquette… Il y a encore une essence pop, dans le sens où j’accorde beaucoup d’importance aux mélodies accrocheuses. Mais l’album est aussi plus rock, parfois dream pop, avec des touches new wave. En fait, c’est un mélange de tout ça. Les cases sont de plus en plus floues aujourd’hui, et c’est tant mieux.
Espérez-vous secrètement qu’un de vos morceaux devienne viral sur les réseaux sociaux ?
C’est une manière d’atteindre un public plus large, et on ne va pas s’en cacher. Après, ces phénomènes sont souvent imprévisibles : une chanson peut ressurgir des années après sa sortie grâce à un extrait qui tourne sur TikTok… Si ça arrive, tant mieux ! C’est vrai qu’avec les réseaux sociaux, certaines chansons explosent par petits extraits. Il y a des générations entières qui ne connaissent que 15 secondes d’un morceau, sans jamais écouter le titre en entier. Après, c’est toujours une façon de toucher du monde. Mais évidemment, on préfère que les gens découvrent un morceau dans son intégralité, avec tout ce qu’il raconte.
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?
Un maximum de dates ! On a vraiment hâte de tourner et de partager cet album sur scène.
On regarde du côté de l’Italie, et bien sûr, la France est une priorité, car on y a déjà un public qui nous suit. D’ailleurs, on fait une date au Supersonic à Paris le 27 mai. On espère que ce sera la première d’une longue série !
Sunday Charmers se produira :
03/04/25 Botanique (Bruxelles) – COMPLET
15/05/25 Le Rideau Rouge (Lasne) – lien
27/05/25 Supersonic (Paris) – lien
20/07/25 Dour Festival
20/09/25 Le Salon (Silly)