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    De l’Eden à La Mare, il n’y a qu’un pas entre Erik Kriek et Lars Von Trier

    Scénario :  Erik Kriek
    Dessin : Erik Kriek
    Éditeur : Anspach
    Sortie : 23 février 2024
    Genre : Epouvante, horreur

    La mare est diabolique. Antéchristique, certains diront même. Pas dans un sens religieux. Plutôt comme le titre de ce film de Lars Von Trier avec qui Erik Kriek semble partager plus que l’impulsion germanique de son patronyme. Comme lui, Kriek nourrit son œuvre de la pire culpabilité qu’il soit. La mort d’un enfant. Il a suffit d’un moment d’inattention à Sara pour que la chair de sa chair se disloque à jamais. Pour que sur le macadam, se mélangent les bouts de peau du petit Ruben et le cuir de son ballon. Mais cette fois, c’est l’ambition, et non la luxure, qui est punie. Sara rêvait d’un succès subtropical à Sydney, pendant que son fils passait sous les roues d’un camion.

    Bien incapable de se le pardonner, l’artiste a abandonné ses pinceaux. Exit les toiles. Fini l’espoir. Alors son mari Huub décide de chercher dans les chemins de campagne, une voie de sortie au chagrin. Le couple se niche dans un chalet à la lisière d’un bois, en quête d’un peu du bonheur perdu. Mais les bras feuillus qui les accueillent se montrent trop tôt menaçants. De drôles de signes apparaissent sur les arbres. La mort rôde, surtout aux abords du marais boueux, nombril de la forêt.

    La Mare est dense. Profonde et noire. L’eau pénètre nos poumons comme un cri. On dirait un mauvais slasher. Mais dans le bon sens du terme. Avec son esthétique à la Charles Burns, Kriek instaure un climat de violence par nature. Son trait est à La Mare, ce que le fond sonore est aux films d’horreur ; un motif d’angoisse constant. Des hachures grossières s’immiscent dans ses corps comme dans ses forêts, suivant le tracé du bois. Tout paraît toujours en mouvement. Aucun repos n’est permis. Et s’il l’est, ce n’est qu’illusion. Les visages sont tordus, grimaçants. Ils paraissent souffrir avant même qu’on ne les y autorise. Mais de nouveau, comme dans ce qui semble, ici, être l’influence principale de l’auteur néerlandais, à savoir les films d’horreur mainstream, c’est le frisson plus que la finesse de la narration qui intéresse. Tout est un peu prévisible. Ou du moins rien n’est vraiment surprenant. Et pourtant, on tourne les pages dans une transe morbide, en suivant l’agonie aquatique de Sara avec une avidité coupable.

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